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03 Jan

La vie étudiante, bien plus qu'on ne le croit !

Certains font le choix d’une définition restrictive de la vie étudiante en tant que temps hors-universitaire qui se déroule uniquement sur les campus : vie associative, sport universitaire, … Or, nous pensons que la vie étudiante c’est plus que ça.  Pour nous, elle désigne l’ensemble des aspects liés à la vie de l’étudiant, qu’il soit effectivement inscrit dans l’enseignement supérieur (étudiant), élève du secondaire en orientation (futur étudiant), ou jeune en insertion professionnelle (ancien étudiant). Elle englobe les besoins, droits, aspirations et activités du jeune en formation et en insertion professionnelle. Ainsi, la vie étudiante comprend non seulement la vie sur les campus pendant et hors des heures d’enseignement, mais également les temps hors de l’université, qu’ils soient de repos, loisirs, vacances, travail… Ces temps sont loin d’être accessoires et sont partie intégrante de la vie d’un jeune et ce, d’autant plus que c’est un âge important de la vie où se prennent des habitudes qui nous suivront ensuite tout au long de notre vie. De plus, ces temps extra-scolaires conditionnent également directement la réussite, le bien-être et l’émancipation de celui ou celle qui en bénéficie. Adopter une vision restrictive de la vie étudiante, c’est limiter les possibilités et potentialités des jeunes, c’est oublier qu’être étudiant ce n’est pas uniquement aller en cours mais que c’est aussi prendre progressivement son autonomie.

La vie associative est donc sans aucun doute un élément central de la vie étudiante : par les activités, projets et actions qu’elles développent sur les campus, les associations œuvrent à faire de l’université un lieu de rencontres, de découvertes et d’expérimentations, fondamentales à l’émancipation individuelle et collective des étudiants, et participant directement à leur insertion professionnelle. Construite autour des principes d’action collective, démocratie, solidarité et non-lucrativité, la vie associative étudiante s’approprie le levier de l’économie sociale et solidaire pour agir sur son environnement et forger une société en phase avec les aspirations de la jeunesse. En assurant et animant une citoyenneté active et démocratique sur les campus, elle est vectrice d’encapacitation pour les nouvelles générations. La vie associative dans son ensemble mais plus particulièrement encore lorsqu’elle est animée par des jeunes est également une source importante d’innovation sociale. Imaginative, insoumise, subversive elle permet de faire évoluer les mentalités et de développer des nouvelles pratiques utiles à la société. Elle ne s’embarrasse pas des a priori et bouscule les frontières : elle mobilise et invente les outils permettant aux jeunes de découvrir, acquérir, créer et diffuser les compétences et connaissances qui alimentent la créativité et l’innovation des nouvelles générations.

Le passage par la vie associative est central dans l’apprentissage de sa citoyenneté et plus généralement de la démocratie. Les associations sont des outils pour mettre en application les principes que l’on souhaite porter en s’ouvrant aux autres et les concrétisant par des actions au quotidien en direction d’autres publics. Etre engagé dans une association, c’est aussi reconnaitre des manques dans les offres proposées et ainsi participer à un processus démocratique qui permet à chacun, en plus de s’exprimer, à participer à la résolution concrète de problématiques qui peuvent être rencontrées au quotidien.

La vie associative étudiante assume de ce fait une mission d’intérêt général en créant les conditions permettant au jeune de construire son autonomie, de poursuivre l’apprentissage de la démocratie et de sa citoyenneté et ainsi d’avoir un impact sur l’ensemble de la société.

Cependant, tout n’est pas si simple qu’il n’y parait. La vie étudiante est confrontée à trois écueils en particulier. D’un côté, elle souffre souvent d’un déficit de reconnaissance et de valorisation : elle n’est souvent considérée par les institutions que comme un temps « inter-classe », composée d’événements récréatifs et festifs destinés à détendre et sociabiliser le jeune. De l’autre, l’indépendance de la vie associative étudiante, pourtant fondamentale car garante de son adéquation avec les aspirations des jeunes, est doublement remise en question. Elle est d’une part instrumentalisée par les administrations, qui en font un outil de concurrence et d’attractivité, plaçant le « sentiment d’appartenance » comme indicateur phare de qualité, aux dépends de ses fonctions d’émancipation. Elle est d’autre part soumise aux tendances corporatistes promouvant un amalgame entre animation et représentation, créant ainsi un environnement où la première est pensée comme un outil au service de la seconde, et décrédibilisant les moments de démocratie étudiante pourtant trop rares. Enfin, la vie associative étudiante n’est pas non plus exclue des problématiques afférentes à l’ensemble du monde associatif. Souvent dépendantes des subventions publiques, les différentes annonces gouvernementales sur la baisse du déficit contraignent les collectivités locales à compresser leurs subventions aux associations au risque d’un affaiblissement des petites associations face à celles plus grosses, déjà institutionnalisées.

Face à cela, les conditions sine qua non d’une vie étudiante de qualité et émancipatrice sont l’indépendance et l’autonomie de sa vie associative. Une vie associative étudiante instrumentalisée par des intérêts autres que ceux de ses usagers est freinée dans son objet, ses activités, son dynamisme et dans son utilité sociale. Vie associative et représentation au sein des instances d’enseignement supérieur sont complémentaires et indépendantes : il est nécessaire de les séparer effectivement afin d’assurer une vie étudiante de qualité et ouverte à tous et de ne pas brouiller les messages que chacun peut porter. Pour qu’elle soit effectivement autonome, la vie associative étudiante doit poursuivre une mission d’intérêt général en lien avec le service public d’enseignement supérieur mais distincte des administrations dans la définition et la réalisation de ses actions.

A un moment ou il est de plus en plus difficile de se repérer dans une société en constante évolution, les associations étudiantes en s’adressant à des jeunes ayant la possibilité de faire des études, ont également la responsabilité de défendre et promouvoir les valeurs de progrès social républicaines quand d’autres font le jeu de la concurrence entre les individus et divisent la société.

Ainsi, l’objectif du réseau est de mutualiser les bonnes pratiques des associations, de permettre une mise en réseau que ce soit à l’échelle du campus ou à l’échelle de l’ensemble du territoire. L'épicentre de notre projet se situe dans les coopératives étudiantes qui proposent par leur fonctionnement d'économie sociale et solidaire un projet ambitieux pour la société de demain. Face aux jeux de la concurrence que certains mettent en avant, il est aujourd’hui indispensable de permettre un travail en commun pour le bien de l’ensemble des associations mais aussi et surtout de l’ensemble des étudiants qui bénéficient des actions que peuvent mettre en place ces mêmes associations. Cela est d’autant plus important que les jeunes sont l’avenir de demain et que c’est à cette étape que les habitudes futures se prennent.